Hyères, Giens et les îles correspondent à un bâti géologique varié dont on peut lire l'histoire à travers les pierres et les paysages, de 500 millions d'années à nos jours. Sur les trois chaînes qui se sont formées lors de l'affrontement de plaques continentales en Europe, les deux dernières sont présentes dans la commune : la chaîne hercygnienne (320-300 Ma) et la chaîne alpine (70-30 Ma).


Il y a là et dans les environs un merveilleux musée naturel qui peut être expliqué aux écoliers et aux lycéens et intéresser certains visiteurs. Cette variété des terrains entraîne une grande diversité des sols et donc de la végétation naturelle et des cultures.

Hyères se situe à la limite de la Provence cristalline et de la Provence calcaire (et argileuse).

- La première, d'âge primaire, est constituée de sédiments formés entre 500 et 350 Ma, ensuite enfouis, métamorphisés et fortement déformés vers 320 Ma lors de l'élaboration de la chaîne hercynienne. Elle constitue tout le Massif des Maures dont la terminaison ouest se situe justement dans la commune, au Château de Hyères, au Fenouillet et dans les Maurettes. On retrouve ses schistes et ses quartzites à Giens et dans l'ensemble des îles. Les quartzites du Fenouillet et ceux identiques du Cap des Mèdes à Porquerolles constituent de vives arêtes dans le paysage. Les seuls fossiles primaires des Maures (430 Ma) ont été trouvés au Fenouillet. A Giens les plis complexes dus aux déformations hercyniennes, repliés plusieurs fois, sont spectaculaires pour ceux qui savent les voir… ou se les faire montrer.

Pli décimétrique hercynien (port du Niel)

En fait ces terrains anciens se prolongent à l'Ouest sous la Provence calcaire, plongeant progressivement jusqu'à 6-8 km sous le Rhône et la Camargue, réapparaissant ensuite dans le Massif Central, remontés par une succession de failles.

- Le deuxième ensemble, fin primaire et secondaire, à l'Ouest de la commune surtout, comporte une couverture sédimentaire d'abord de grès et argiles continentaux provenant de l'érosion de la chaîne hercynienne, entre 290 et 210 Ma (Permo-Trias) et dont les affleurements rouges, propices aux vignobles, affleurent bien de l'Almanarre à Carqueiranne, comme dans toute la dépression qui s'étire de Toulon au Luc.

Pendant le reste du Secondaire (Jurassique et Crétacé), la mer alpine occupe la région d'où des dépôts calcaires marins et récifaux comme au Coudon et au Faron près de Toulon. A la fin du secondaire, vers 70 Ma, commencent les grandes déformations de la chaîne alpine qui ont laissé des traces au Mont des Oiseaux et au Paradis où les calcaires ont été déplacés en nappes venant manifestement d'ailleurs.


Au tertiaire puis au quaternaire, la chaîne alpine à son tour est vouée à la destruction érosive. Les Maures voient s'écarter l'axe Corse-Sardaigne et se creuser une mer profonde dans l'intervalle, les fonds marins face à Giens descendant vite à -2500 m.


La photo ci-dessous est prise au sud des Pesquiers Ce panorama illustre bien la diversité géologique.


On y voit de gauche à droite :
La Colle Noire (Permien), le Faron (Crétacé inférieur), le Mont Caumes (Crétacé supérieur), Carqueiranne (basaltes permiens), la Carrière de Tirris, le Coudon (Crétacé inférieur), le Paradis (nappe alpine de Jurassique), la Sabatière (Permien). Au premier plan de situe la limite entre le métamorphique de Giens et le Quaternaire de l'étang des Pesquiers, non visible sous la route.

L'histoire récente est elle surtout marquée par les fluctuations du niveau marin et du climat.