Flore de la petite corse hyèroise

Pour plus d'infos, consulter le livret N° 2 "Le maquis" .

Les vieux massifs cistallins représentent l'essentiel des reliefs de la commune hyèroise dont le territoire est très étendu : Maurettes avec le Fenouillet, premiers contreforts des Maures, monts de Giens et des îles d'Or, Porquerolles, Port-Cros et Le Levant. Ils sont le domaine de la nature demeurée encore aujourd'hui la plus sauvage en Provence, même si elle diffère de ce qu'elle fut avant que l'homme n'y imprime ses nuisances. Selon l'exposition, les coupes, les incendies, on y observe un patchwork de futaie de chêne blanc, de taillis de chêne vert, de chênes lièges, de pinède de pin d'Alep ou de maquis à bruyère arborescente et arbousier. Ces formations sont souvent peu pénétrables, si ce n'est par les sentiers des chasseurs.

L
es vacanciers connaissent d'autant plus mal ces massifs boisés que la canicule estivale dissuade de s'y aventurer. Quel dommage pour eux de ne pas découvrir Hyères aux quatre saisons !

 
  L'automne fait resplendir les arbousiers, mêlant à
leurs feuilles oblongues(comme celles de laurier), des baies aux airs de fraises et des fleurs en grelots, belles comme du muguet.

  En hiver, la floraison ne s'arrête pas, grâce à des plantes opiniâtres comme le romarin, encore paré de ses fleurs bleues. Les collines sont plus verdoyantes que jamais. En effet, la douceur des températures, associée à la fin de la sécheresse, permet aux arbres et aux arbrisseaux, mêlés de lianes, de conserver leur feuillage. Comme le port buissonnant de ces plantes, leurs petites feuilles coriaces et persistantes traduisent à la fois les bons et les mauvais effets du climat méditerranéen. Contrairement aux touristes, nos forêts et nos maquis souffrent des rigueurs de la période estivale et marquent une nette préférence pour ce qu'il est convenu de nommer la "mauvaise saison".
                 
C
'est aussi le temps des champignons, cèpes et oronges sous les chênes, lactaires délicieux et lactaires sanguins sous les pins...      


Dès le printemps, de nombreuses plantes à bulbes ou à tubercules égayent les sous-bois de leurs floraisons souvent vivement colorées, depuis la grande asphodèle (cliquer pour voir la photo) aux fleurs blanches veinées de brun, jusqu'aux petites orchidées, protégées mais posant coquettement pour la photo, très variées, toujours belles, parfois rares, toutes un régal pour naturalistes. Diverses espèces d' Ophrys aux déguisements d'insectes, sont les plus étranges de ces créatures insolites.


                                                                                                                 SERAPIAS OLBIA (Photo : Jean SOUGY - Pic du Niel 20 avril 2003 -)

On remarque aussi dans le maquis, le myrte, la bruyère arborescente, la bruyère à balais, la callune, le ciste à feuille de sauge (voir photo), le ciste de Montpellier, la lavande à toupet ou lavande stéchas, le lentisque, le calycotome épineux, le genévrier oxycèdre...

 Le Genévrier oxycèdre ( Juniperus oxycedrus ) et l'huile de Cade         
                                                                                                                                

Le Cade est un arbrisseau de nos maquis et garrigues le plus connu sous sa forme en boule vert cendré mais peut devenir un petit arbre au tronc bien individualisé ( 7 mètres ). Ses feuilles en aiguilles, groupées par trois présentent sur la face supérieure deux bandes blanches, ses baies sont brun-rougeâtre contiennent une graine à maturité. La longévité du cade est remarquable ( plusieurs siècles ).

Son bois, imputrescible, à grain très fin et légèrement odorant était généralement utilisé en été à la période où il était le plus sec :
- en menuiserie, marqueterie et petite ébénisterie les souches des vieux spécimens tortueux présentaient des dessins du plus bel effet.
- pour la distillation de l'huile de cade, les arbustes foncés, gorgés de résine d'òu leur couleur, appelés cades gras, étaient les plus appréciés : on en utilisait plutôt les racines principales, le tronc et les grosses branches.
Dans les années trente, l'extraction de l'huile de cade battait son plein : cette huile fut longtemps un produit de base des industries pharmacologique et cosmétique ( Bébé Cadum ). Des dizaines de petits édifices de pierre sèche, les fours à cade, témoins de cette activité rurale, sont encore visibles, parsemant nos collines et plateaux toulonnais ainsi que le massif de la Sainte-Baume.

Nicole Marchal