Les
SERPENTS DE LA
PRESQU'ÎLE DE
GIENS
Texte
de Christian LAROUBINE Bulletin N° 3
Les
photos sont de Pascal DUBOIS http://cote-nature.net
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Les
serpents occupent dans l'esprit de nos contemporains une position peu
enviable, qui fait que longtemps ils ont été chassés et détruits. Même
si certains serpents peuvent se révéler dangereux en cas de morsure, la
plupart sont absolument inoffensifs. Par contre, leur rôle biologique
est d'extrême importance, puisqu'ils contribuent à l'équilibre subtil
de la nature en s'intégrant dans la chaîne alimentaire. En consommant
des proies multiples et diverses, ils permettent d'éviter la prolifération
d'espèces nuisibles, telles que les insectes dévastateurs des jardins
et des cultures, et des rongeurs qui pullulent dans toutes les zones fortement
urbanisées, ou à forte fréquentation estivale. La Presqu'île de Giens
est en ce sens un biotope intéressant à étudier du fait de sa forte présence
humaine et l'abondance de la faune ophidienne. |
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La
couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus)
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La
couleuvre à échelons (Elaphe scalaris) La couleuvre à échelon est une espèce inoffensive, non venimeuse, mais qui mord fortement lorsqu'on tente de la saisir. Elle est très caractéristique avec ses échelles sombres sur le dos et peut atteindre 1,80 m. elle fréquente plutôt les vignes ou les zones cultivées et se nourrit en les étouffant de rongeurs, de lézards et de gros insectes. Elle préfère la partie sud de Giens et ne se rencontre pas sur le tombolo. |
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La couleuvre bordelaise (Coronella girondica) La couleuvre bordelaise est le plus petit serpent de la région : elle ne dépasse pas 50 cm. Elle est inoffensive et se laisse facilement attraper. Elle se nourrit de lézards et d'insectes, en particulier d'une grosse sauterelle, l'Ephippigère des vignes. |
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La
couleuvre d'Esculape (Elaphe
longissima) Le plus beau des serpents de la région étudiée est la couleuvre d'Esculape, symbole de la médecine, vénérée par les Romains. Ce serpent d'environ 1,80 m, qui s'apprivoise facilement, était conservé dans les temples. Aujourd'hui il est encore promené dans certaines fêtes, comme en Italie à Cucullo pendant la procession. C'est un serpent très élancé à petites écailles, très esthétique, non venimeux et absolument ni agressif ni dangereux. Il se nourrit presqu'exclusivement d'oiseaux et de rongeurs et vit la plupart du temps dans les arbres et les buissons. Difficile à apercevoir, bien qu'il soit diurne, il est assez rare à Giens, et on le trouve plutôt sur le versant sud du Mont des Oiseaux. |
| Les deux autres espèces sont aquatiques et vivent donc près des étangs. Ce sont les deux seules espèces fréquentant le tombolo occidental, près des étangs des Estagnets et des canaux de ceinture de l'étang des Pesquiers. | |
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La couleuvre vipérine (Natrix maura) La couleuvre vipérine, d'environ 80 cm, ressemble à une vipère, mais est inoffensive. Elle se nourrit de poissons et de grenouilles. |
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La
couleuvre à collier (Natrix natrix)
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| En
conclusion, voici six espèces de couleuvres (4 terrestres et 2 aquatiques)
qui
sont particulièrement utiles et qu' il importe de protéger, tant à Giens
que sur le continent. L'important développement des couleuvres de Montpellier depuis quelques années dans la région peut être attribué à la prolifération de certains " nuisibles ", en particulier des rats, qui suivent le développement de l'habitat et du tourisme. La diminution anormale du nombre de ces serpents pourrait avoir des conséquences importantes sur la régulation des populations de rongeurs dont certains sont des vecteurs connus de maladies graves. Toutes ces espèces sont protégées, mais on assiste encore à des destructions massives par certaines personnes peu au courant. Il convient de mieux informer et de montrer que, bien au contraire, ces animaux, malgré la répulsion qu'ils inspirent, sont indispensables à l'équilibre écologique de la Presqu'île de Giens. |
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