VISITE DU BARRAGE DE LA VERNE



le 14 janvier 2006
Cette visite venait à la suite de la conférence du Dr Bernard Eisenlohr sur " Les ressources en eaux souterraines du Var ". pour illustrer un cas exemplaire de gestion de l'eau d'un territoire. La visite a unanimement enchanté la vingtaine de participants qui ont bénéficié d'une très belle journée, fraîche mais ensoleillée. C'est le Directeur du barrage en personne, Francis José Maria qui nous a présenté avec pédagogie, d'une part les données techniques précises mais aussi tous les problèmes soulevés, écologiques et économiques depuis la conception jusqu'à un avenir voulu résolument durable.
La question était d'assurer une diversité de moyens afin de fournir en eau les communes du golfe de St Tropez, soumises l'été à un excédent considérable (5 à 10 fois) de population, ceci sans outrepasser les limites des nappes phréatiques, sans déplacer le biseau salé et sans dépendre au-delà uniquement du bassin versant du Verdon par le Canal de Provence.
Le Syndicat des Eaux (Syndicat intercommunal de distribution d'eau de la Corniche des Maures) a ainsi envisagé les diverses possibilités, retenu le site de la vallée de la Verne, réalisé une étude préliminaire poussée, informé et convaincu le public des avantages de ce lieu sauvage forestier et sans cultures, et après une enquête publique positive, construit un barrage poids en matériaux locaux (axe en argile damée, flancs amont et aval en terre et roches de gneiss et micaschistes). Un chantier réalisé en 1989-91, avec 2 mois d'avance sur les 22 prévus, sans augmentation de budget, chose rarissime (125 millions de francs), et en réussissant à écarter… les tentatives de corruption.
La visite technique a montré les différentes parties de l'ouvrage, la digue, l'évacuateur de crue prévu pour 400 m3/s, la tour de prises d'eau à plusieurs niveaux, les galerie de drainage, la salle des vannes assurant l'envoi de l'eau sur l'usine de traitement de La Môle comme la réception de l'eau venue du canal de Provence.

photo de Patrick Morand

On a pu voir aussi le jet de l'eau restituée à la rivière en aval, 20 litres/s ce jour-là ! Dans tous les domaines on ressent vraiment le souci d'une grande sécurité, les normes retenues et les contrôles étant largement dépassés par rapport aux contraintes légales exigées.
Le plan d'eau, à la cote +85m, sur 2,5 km en amont du barrage, d'une grande pureté en l'absence de pollution agricole, industrielle ou urbaine, n'a heureusement pas été développé en centre de loisirs et même les sociétés de pêche n'y sont pas acceptées pour maintenir la faune naturelle dont les chevennes. Seuls les randonneurs peuvent ainsi apprécier le trajet en amont jusqu'à la Chartreuse de la Verne (+420m) célèbre par la serpentine de ses constructions.
Un autre aspect enfin qui ressort de la visite est le souci du syndicat des eaux de mener auprès des jeunes, plus réceptifs que leurs parents, des actions " écocitoyennes " de sensibilisation aux problèmes de l'eau : les richesses naturelles faune, flore, géologie du bassin versant ; le climat et les précipitations ; la sécheresse ; le traitement de l'eau ; des études de terrain sont faites avec les écoles de l'agglomération des communes. Et même des relations ont été engagées avec un village du Burkina Faso, pays des Volta, soumis aux terribles problèmes des ressources en eau du Sahel.
Bravo à notre guide, Francis José Maria, pour sa connaissance d'un barrage dont il a suivi toutes les étapes et qu'il sait présenter avec calme, clarté et conviction, y compris avec une vision des problèmes écologiques à long terme.
J. Sougy

PS : Après la visite, quelques membres ont recherché, sans succès, la position d'une très ancienne carrière de serpentine située à 500m environ à l'est de Gorbière. Des informations sur cette carrière seraient appréciées.