UNESCO
Etude
d'une éventuelle inscription du site élargi sur la liste du patrimoine
mondial de l' U.N.E.S.C.O.
Cette
idée commence par le mot "Etude", car il s'agit d'une
idée qui doit d'abord être analysée et discutée, et
ne pas être un simple coup de coeur. En effet si elle a des attraits prestigieux,
elle peut aussi présenter quelques inconvénients.
Là
aussi il s'agit d'une idée ambitieuse, nécessitant une volonté
politique forte, mais également consensuelle, dépassant les seules
préoccupations locales ou même intercommunales, pour convaincre,
si possible toutes tendances confondues, les autorités départementales
et régionales de l'intérêt d'une telle demande que seul peut
faire le gouvernement français à l'UNESCO, après que les
Ministres de l'Environnement et de la Culture en soient eux-mêmes convaincus.
Il s'agit d'obtenir
un label prestigieux international, concernant un site
culturel ou naturel, ou parfois les deux. Il
y a une trentaine de sites inscrits en France (centre de Lyon, Carcassonne, cirque
de Gavarnie,
), le dernier, en décembre 2000, concernant la Loire
entre Orléans et Angers, site à la fois culturel (les châteaux
de la Loire) et naturel (le dernier fleuve d'Europe resté sauvage).
Sur la côte méditerranéenne française,
il y en a ZÉRO !
La
partie de cette côte la moins bétonnée et restée encore
relativement sauvage se trouve dans le Var. Le périmètre peut en
être discuté comme l'a été celui de la Loire. Il pourrait
aller de La Garde avec son Université jusqu'au Cap Lardier. Le site grec
d'Olbia, de vieux villages perchés comme Bormes et Pierrefeu, la vieille
ville du centre de Hyères peuvent constituer un volet culturel complémentaire.
Mais le volet principal est l'aspect naturel extraordinaire, préservé
ou à protéger, notamment les îles d'Hyères, la Presqu'île
de Giens, les côtes sableuses et rocheuses, les collines et montagnes des
Maures accolées à la côte, le plateau continental jusqu'à
- 200 ou -250m ; le Parc National de Port-Cros ; le Conservatoire National de
Botanique de Porquerolles. La diversité des paysages, l'extrême richesse
des écosystèmes menacés et la variété des données
géologiques, sont autant d'arguments qui plaident en faveur d'une inscription
du site sur la liste et permettent l'élaboration d'un rapport de présentation
riche et solide.
Pour la Loire
il y a eu des opposants au projet, mais une fois le label décerné
il semble qu'il y ait une fierté et un enthousiasme général
des populations. Notamment les offices de tourisme de la Loire sont très
favorables. Les communes y voient déjà un grand espoir de développement
contrôlé. A Lyon, dont le centre ville a été inscrit
sur la liste, les nuitées d'hôtel, notamment en période creuse,
ont augmenté de 30%.
On
nous a fait remarquer que cette procédure devait partir de l'état
français et non d'un particulier. Bien sûr ! J'ajouterai de plus
que l'UNESCO s'assure que les lois de l'environnement du pays concerné
sont respectées et que les autorités locales ou régionales
sont d'accord avec l'Etat sur la demande.
Mais
ceci n'empêche pas un simple citoyen et une association de lancer l'idée.
En tant que simple citoyen et président de l'A.P.G., Jean Sougy a présenté,
après avoir obtenu l'appui du maire et du député de Hyères
et du Directeur du Parc de Port Cros, l'idée au Symposium B1 du 31ème
Congrès Géologique International, à Rio de Janeiro, sous
forme d'un exposé oral et d'un " poster ", en août 2000.
Il a posé la question aux experts de ces problèmes à l'UNESCO
si ils pensaient qu'une telle demande serait justifiée ou non. La réponse
écrite, venue du siège de l'UNESCO à Paris a été
affirmative et disant même que cela devrait être une priorité
que de présenter un dossier pour une des prochaines réunions annuelles
du Comité international chargé d'étudier les demandes.
Il faut
donc maintenant passer à l'échelon supérieur,
le rôle de l'A.P.G. ne pouvant plus être, après
avoir lancé et discuté l'idée, que de contribuer à
la réalisation du dossier national qui doit mettre en évidence un
certain nombre de critères précis, naturels et (ou) culturels, définis
par l'UNESCO.
Cet
objectif est ambitieux lui aussi mais réalisable s'il est soutenu par les
décideurs (politiques et administratifs) qu'il faut d'abord convaincre.
Il sera générateur d'une prise de conscience du grand intérêt
du site, tant pour le protéger à long terme que pour le mettre en
valeur et le faire connaître à l'échelle
internationale. Il fera connaître à
toute la planète que l'on peut visiter ce site en hiver, si l'on est intéressé
par ses richesses attestées par l'UNESCO, et si l'on a ses vacances à
d'autres périodes de l'année que les français. Avec le Web
maintenant tout se sait très vite et partout. Les étrangers de pays
lointains voulant visiter la France se renseigneront d'abord sur les 30 sites
français de la liste UNESCO et retiendront parmi eux ceux qui correspondent
à leurs critères de choix.
Mais
comme nous l'avons dit au début en parlant "d'étude",
le Label de l'UNESCO, s'il peut apporter des financements européens pour
la protection et l'entretien du site, et faciliter le tourisme nature et le tourisme
hors saison, présente aussi des inconvénients..
C'est en particulier celui du risque
d'augmenter la surpopulation d'été et
tous les excès qu'elle entraîne.
Cela
nécessitera une gestion contrôlée du site,
notamment en proposant d'éviter cette période. Il faudra aussi que
les lois de protection, dépendant de l'état français, soient
strictement respectées, et non comme trop souvent bafouées par des
dérogations dues à la pression immobilière et à la
recherche du profit à court terme.
L'inscription
sur la liste peut être un grand avantage, mais sous la condition que
les lois de protection française (PLU, classement loi 1930 , Grand Site,
etc. ) soient strictement appliquées. Tout ceci est à discuter ,
même si l'idée est a priori fort attrayante...