Création d'un grand Muséum de la nature

   Etablissement public (institut, musée, etc.) ambitieux, d'intérêt européen, qui recenserait et présenterait, aussi bien en salle que sur le terrain, toutes les richesses naturelles de la région dans un grand musée de conception moderne, lieu de rencontre des universitaires, des chercheurs, des enseignants, des élèves et écoliers, des autodidactes , des touristes, lieu d'échanges permettant de montrer ces richesses sur le terrain par des visites organisées, comme le fait la LPO pour les oiseaux et l'A.PG. pour la botanique et la géologie.

   La zone de la Presqu'île de Giens et de ses environs, le Pays hyérois, la Côte depuis Le Pradet et La Garde jusqu'au Cap Lardier, possède une très grande variété d'écosystèmes du fait de sa disposition : les montagnes arrivent au bord de mer, avec des terrains secondaires calcaires à l'ouest et primaires cristallins acides à l'est . D'où une très grande variété de paysages et de biotopes par rapport à une relativement petite surface. On y trouve en mer des fonds rocheux et sableux, des plages de sable et des criques rocheuses ; un plateau continental développé à prairies de Posidonies, abri de nombreuses espèces ; des dunes littorales à flore très spécifiques ; un delta, celui du Gapeau ; des marais à roselières et sansouires traités en partie en marais salants ; des maquis et forêts de sol acide, à châtaignier, chêne-liège, grande bruyère ; des forêts sur sol calcaire, etc...


   Ce site est d'abord un lieu d'une grande variété géologique, depuis 400 Millions d'années, où se côtoient les chaînes hercyniennes et alpines, la couverture secondaire, une géologie quaternaire où les collines deviennent des îles, une géomorphologie particulière dont le célèbre double tombolo.

   C'est ensuite un lieu d'une très grande richesse botanique en flores méditerranéennes de tous milieux et de toutes orientations au vent, aux embruns, au soleil. De même on y observe de ce fait une grande variété zoologique notamment en ce qui concerne les insectes, les batraciens et les oiseaux (oiseaux de mer, oiseaux sédentaires, hivernants, nicheurs, migrateurs).

   Bref on dispose sur ce site d'un VERITABLE MUSEE NATUREL en plein air, à l'échelle 1.

   D'où l'idée de continuer à inventorier ce site, d'en conserver et présenter du matériel, mais surtout, comme dans les musées de conception moderne, à le mettre en valeur pour tous les publics, chercheurs et curieux, locaux et visiteurs, lycéens, écoliers encore émerveillés à leur âge. Le site est dans une position géographique très favorable à sa fréquentation: dans le périmètre Lyon - Marseille - Toulon - Nice, toutes villes à universités. Il est aussi visité par de nombreux européens de toutes catégories. Il comporte un Parc National terre-mer et un des 5 Conservatoires Nationaux de Botanique de France, à Porquerolles.

   Dans un tel établissement, qu'on peut envisager à gestion communale mais sous contrôle national (comme l'exemple du Muséum d'Orléans) doivent se rencontrer des facilités d'accueil pour le passage des chercheurs venant faire des prélèvements en mer ou sur terre : petit laboratoire, bibliothèque de documentation. On doit y trouver comme dans des exemples français (Digne) et étrangers (Orbetello), toute une infrastructure pour recevoir les scolaires par bus entiers : salles audiovisuelles, salles de Travaux pratiques, etc.

   Tout en coopérant strictement à protéger le sit
e naturel, ce Grand Muséum, pourra d'ailleurs aussi être ouvert à des rubriques ethnographiques (culture du sel, de la pêche, horticulture, etc.). Quelque soit son nom, il devra devenir une contribution importante et complémentaire au tourisme actuel tourné essentiellement vers les loisirs d'été. Un climat particulièrement favorable (300 jours d'ensoleillement par an) doit permettre d'attirer les curieux de la Nature en dehors des périodes folles de juillet - août, y compris les jeunes et leurs enseignants en période scolaire.

   Ce lieu de rencontre des différents publics sensibles à la nature doit en même temps être ouvert sur le terrain, des jeunes naturalistes conduisant voir sur place ce qu'a été découvert en salle. Il devra aussi comprendre des aquariums d'eau de mer avec la faune méditerranéenne (visible au Muséum de Karlsruhe en Allemagne mais pas pour l'instant à Hyères ou Giens où tout est pourtant à portée de main !).

   Un tel établissement, quelque soit son nom (le mot musée n'est pas toujours bien ressenti), ne peut avoir de sens que si il est
ambitieux, bien conçu, situé dans un cadre en rapport avec le site, et en même temps fédérateur de petits écomusées spécialisés à aider. Sa réussite dépendra aussi beaucoup du conservateur qui le dirigera, qui devra bien connaître le problème de la muséologie, tout en étant un naturaliste confirmé et enthousiaste en même temps qu'un bon gestionnaire.

   Ce projet dont l'APG lance l'idée ne pourra être réalisé et réussi qu'avec une volonté politique forte et suivie, comme on l'a vu à Brest, Poitiers, Orléans et ailleurs, où l'influence de maires convaincus a été déterminante. Il faudra aussi que les fonctionnaires concernés, à tout niveau, se sentent intéressés, car leur participation à un tel projet est de toute première importance. Mais en cas de réalisation bien menée, si possible avec un consensus au-delà des joutes électorales, il pourra apporter non seulement à Giens et Hyères, mais aussi à toute la région restée la plus naturelle du Var, un enrichissement culturel scientifique. Il apportera aussi des emplois directs et indirects, et sera un attrait touristique supplémentaire pour certains publics et notamment hors saison.

   Pourquoi défendre des idées nouvelles ?

    L'A.P.G. dans les années 90 a contribué à faire connaître les richesses naturelles de la Presqu'île de Giens et de ses environs, a défendu l'idée de sa protection et de son classement, contribué à l'arrêt de certains projets qui lui apparaissaient très contraires à un développement durable, notamment sur le Tombolo occidental (où a été construite la route du sel en 1969) et les Estagnets. Maintenant dans ces domaines les choses ont progressé et les idées d'alors sont maintenant entre les mains des décideurs, politiques et administratifs. Les marais seront achetés par le Conservatoire du Littoral et leur gestion vraisemblablement confiée par la Municipalité au Parc National de Port-Cros. L'A.P.G. ne peut au mieux qu'espérer une présence dans le comité de gestion.
   Une partie des problèmes est donc en voie de règlement, même si celui de la route du sel, une aberration destructrice à nos yeux du tombolo occidental, reste entier.
   Il faut donc à nouveau que l'A.P.G. travaille en amont en précurseur. Elle se doit de proposer des idées nouvelles aux politiques et aux administratifs, en espérant obtenir une volonté politique affirmée, puis une récupération (dans le bon sens du terme) par les gestionnaires administratifs.
   L'A.P.G. présente deux idées-phare qui lui semblent innovantes. Elles doivent servir d'abord l'intérêt local et intercommunal, mais dépasser ceux-ci pour servir des intérêts d'ampleur plus vaste, départementale, régionale, nationale et même internationale.
Aux politiques de dire clairement s'ils acceptent de prendre ces deux idées comme des objectifs concrets à inclure parmi les priorités de leurs programmes.

   Il s'agit de deux idées nouvelles pour un développement durable et raisonnable.

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